Info mazout du 28 février 2024

Les cours du pétrole ont enregistré une seconde séance de hausse significative, mardi, encouragés par la suspension d’une partie des exportations d’essence russe qui a encore un peu plus raffermi les prix des produits raffinés.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, s’est apprécié de 1,35%, pour terminer à 83,65 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain de même échéance a, lui, pris 1,66%, à 78,87 dollars.

La Russie a décidé mardi une suspension partielle de ses exportations d’essence à partir du 1er mars, mesure destinée à « stabiliser les prix sur le marché intérieur », selon le média russe d’information RBC.

L’arrêt ne s’appliquera pas aux pays membres de l’Union économique eurasienne, ni à l’Ouzbékistan et la Mongolie, deux grands consommateurs de produits pétroliers russes.

Pour John Kilduff, analyste d’Again Capital, cette décision « est une preuve » que les infrastructures russes ont bien été affectées par les récentes frappes ukrainiennes sur plusieurs sites dans l’ouest du pays.

Même si plusieurs analystes s’attendent à ce que l’impact de cette suspension partielle soit limité en termes de volumes, les opérateurs se sont accrochés à cette annonce pour emmener les prix plus haut, selon John Kilduff.

Le contrat à terme sur l’essence européenne Eurobob, l’une des références du marché, s’est approché mardi de son plus haut niveau depuis cinq mois. Aux Etats-Unis également, le prix de gros de l’essence est ferme et a pris 2,7% en deux jours.

L’interruption russe survient alors que le marché est déjà tendu en raison de la faible activité des raffineries américaines, en pleine saison de maintenance.

Selon le cabinet Kpler, cité dans une note de Commerzbank, les exportations américaines de gazole ont été divisées par deux en février par rapport à janvier, principalement du fait du ralentissement de l’activité des raffineries.

« Cela crée des tensions sur le marché européen du gazole, qui pâtissait déjà des perturbations liées aux problèmes en mer Rouge », évitée par beaucoup de tankers qui contournent désormais l’Afrique par l’ouest, a relevé Barbara Lambrecht, analyste de Commerzbank.

Les stocks de gazole dans la région de Rotterdam, Anvers et Amsterdam sont 15% inférieurs à leur niveau de l’an dernier à la même époque, selon Commerzbank.

Les cours ont aussi été soutenus, mardi, par une information de l’agence Reuters selon laquelle l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés du groupe Opep+ vont étudier la possibilité d’un prolongement de leurs coupes de production au deuxième trimestre.