Info mazout du 13 juillet 2026

Les cours du pétrole bondissent ce lundi matin après un week-end marqué par des frappes américaines sur l’Iran et l’annonce par Téhéran de la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que les Bourses asiatiques reculent dans l’ensemble.

Vers 06H00, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain pour livraison en août, grimpait de 3,88% à 74,18 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence internationale, augmentait de 3,93% à 79,01 dollars.

La nouvelle embardée du marché reflète la reprise des tensions géopolitiques : des affrontements entre les Etats-Unis et l’Iran ont repris ces derniers jours, alors que les deux pays avaient signé le 17 juin un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le texte prévoyait une réouverture du détroit d’Ormuz par lequel transitait avant la guerre un cinquième du brut mondial.

Sa fermeture par l’Iran au début de la guerre avait provoqué une flambée des cours du pétrole et des tensions d’approvisionnement – un baril de Brent coûtait plus de 110 dollars au plus fort du conflit.

Or, Téhéran considère que le détroit ne peut être traversé que selon ses conditions et a annoncé dimanche sa fermeture « jusqu’à nouvel ordre ». Des navires ayant emprunté une route non autorisée par l’Iran ont subi des attaques.

Les Etats-Unis assurent de leur côté que le détroit reste ouvert. Ils ont lancé une nouvelle série de frappes contre la République islamique pour l’empêcher « d’attaquer les équipages civils et navires commerciaux », selon les mots du Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

« Des navires parviennent encore à passer, mais le trafic est bien inférieur à la normale ; le passage dépend de plus en plus de la coordination militaire, de la disponibilité des assurances et de la volonté des équipages de pénétrer dans une zone de conflit actif », observe Stephen Innes, de SPI Asset Management.

« Il ne s’agit pas d’une voie maritime ouverte normale. C’est un couloir au fonctionnement partiel, assorti d’une prime de risque liée aux attaques. Les investisseurs vont désormais surveiller les volumes de transit plutôt que la rhétorique » des gouvernements, insiste-t-il.

Certes, « les prix actuels du pétrole reflètent toujours la conviction du marché que ni Washington ni Téhéran ne souhaitent une guerre régionale généralisée : le Brent reste bien en deçà de son pic atteint durant le conflit », tempère-t-il.

Mais « le marché n’a pas reconstitué de véritable marge de sécurité : la production mondiale demeure nettement inférieure aux niveaux d’avant-guerre, laissant moins de marge de manœuvre en cas de nouvelle détérioration du trafic » dans le détroit, prévient M. Innes.