Info mazout du 10 juin 2026

Les cours du pétrole ont reculé mardi, le marché affichant un regain d’optimisme sur une résolution rapide de la guerre au Moyen-Orient malgré de nouvelles menaces de Donald Trump à l’encontre de l’Iran.

Le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en juillet, a perdu 3,40%, tombant à 88,20 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a lui reculé de 2,97%, à 91,45 dollars. Plus tôt dans la séance, il était brièvement tombé à 89,57 dollars, au plus bas depuis le 17 avril.

Mais un message posté par Donald Trump sur son réseau Truth Social a limité sa baisse, sans toutefois entamer pleinement l’espoir du marché.

« Les Iraniens ont abattu la nuit dernière l’un de nos hélicoptères très perfectionnés de type Apache pendant qu’il survolait le détroit d’Ormuz », a écrit le président américain, en précisant que les deux pilotes étaient indemnes. « Néanmoins, les Etats-Unis doivent, nécessairement, répliquer à cette attaque », a-t-il ajouté.

Ce changement de ton est notable alors que Donald Trump avait affirmé quelques heures plus tôt que la diplomatie américaine était « dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord ». Ce sont ces propos-là qui ont retenu l’attention des opérateurs.

« La majorité des acteurs du marché croient toujours que le conflit sera bientôt résolu, car cela serait probablement dans l’intérêt de toutes les parties concernées », a rapporté Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank.

Le maintien des cours à des niveaux bien inférieurs au pic observé au début de la guerre au Moyen-Orient « pourrait également s’expliquer par le fait que le marché pétrolier s’est adapté à la perturbation de l’approvisionnement en pétrole », selon cet analyste.

Les stocks mondiaux ont été largement mis à contribution ces trois derniers mois.

La Chine a ainsi puisé dans ses réserves afin de diminuer ses importations de pétrole « de 29% sur un an » et « de 50% par rapport au niveau du début de l’année », a relevé Arne Lohmann Rasmussen, analyste de Global Risk Management. Les Etats-Unis ont eux prélevé plus de 50 millions de barils sur leur réserve stratégique.

Cependant, ces mesures temporaires de compensation ne signifient pas qu’il y a moins besoin de pétrole et la réouverture du détroit d’Ormuz reste cruciale pour le marché.

Sans un déblocage de ce goulet d’étranglement, il y a « un plancher pour le prix du pétrole » qui limite sa baisse, a estimé Kathleen Brooks, analyste chez XTB.