Info mazout du 10 septembre 2026

Les frappes des Iraniens et Américains au Moyen-Orient ont fait passer le pétrole au-dessus de 100 dollars, un seuil psychologique qui n’avait plus été atteint depuis juillet et augure des surcoûts en pagaille.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a bondi de 3,4% à 101,21 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, pour livraison en octobre, a augmenté à peine moins, de 3,25%, à 96,05 dollars.

« La remontée du cours du pétrole brut observée ces derniers jours reflète l’intensification des tensions au Moyen-Orient », a résumé auprès de l’AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

« Le marché pétrolier semble considérer que la résolution du conflit est repoussée à plus tard et que la navigation restera restreinte dans le détroit d’Ormuz, ce qui prolongera la perturbation de l’approvisionnement », a-t-il ajouté.

Téhéran a affirmé avoir attaqué mercredi une dizaine de navires qui tentaient de franchir le détroit, en réponse aux frappes américaines contre des pétroliers iraniens la veille.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont par ailleurs dit avoir mené des attaques contre une base aérienne jordanienne utilisée par les forces américaines, pour « punir l’agresseur ».

Ces développements sont de nature à alourdir les prix à la pompe et les coûts de production des entreprises, qui les répercutent généralement sur leurs clients.

Aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) de diesel vole déjà de record en record. Il coûtait en moyenne mercredi 5,94 dollars contre environ 3,7 dollars fin février, avant le début du conflit, selon l’association automobile américaine.

En l’absence d’apaisement, Natasha Kaneva, analyste pour la banque américaine JPMorgan, pointe que des pays en dehors du Moyen-Orient augmentent leur production, en premier lieu le Brésil, le Venezuela, le Canada, les Etats-Unis ou encore le Guyana.

Ils « réagissent à la forte incitation que représentent les prix élevés pour maximiser le volume produit et leurs recettes », souligne-t-elle dans une note.

Mais cela n’est pas suffisant pour compenser l’entièreté des volumes perdus du Golfe, note Andy Lipow.