Info mazout du 4 juin 2026

Les prix du pétrole ont terminé en hausse mercredi, alors que de nouveaux affrontements entre les Etats-Unis et l’Iran assombrissent davantage les chances d’un accord pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a gagné 1,89% à 97,81 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, pour livraison en juillet, a progressé de 2,41% à 96,02 dollars.

« Les cours du pétrole poursuivent leur remontée après avoir atteint vendredi leur plus bas niveau depuis cinq semaines », indique David Morrison, de Trade Nation.

« Les opérateurs espéraient que les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran auraient progressé ce weekend, mais cela n’a pas été le cas », note l’analyste. « La situation s’est même considérablement détériorée depuis lors. »

Les Etats-Unis et l’Iran se sont attaqués mutuellement dans la nuit de mardi à mercredi, chacun accusant l’autre de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile.

Le Koweït a lui dénoncé mercredi une frappe iranienne de drones sur son aéroport, première attaque meurtrière depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran le 8 avril.

« Les derniers développements suggèrent que les investisseurs ont peut-être été trop prompts à intégrer l’impact du protocole d’accord » évoqué par Washington en fin de semaine dernière, explique Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Ce dernier prévoyait une extension de 60 jours du cessez-le-feu et une ouverture du détroit d’Ormuz, selon le média américain Axios.

La navigation dans ce passage maritime stratégique – par où transite habituellement 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde – reste pratiquement impossible, en raison d’un double blocage imposé par les Etats-Unis et l’Iran.

En parallèle, Washington continue de puiser dans ses stocks de brut.

La réserve stratégique (SPR), mise à contribution depuis le début du conflit au Moyen-Orient pour amoindrir la flambée des prix de l’énergie, a perdu 8 millions de barils, la semaine passée selon des chiffres publiés mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

En quelques semaines, elle a dégonflé de plus de 50 millions de barils, au plus bas depuis 2024, alors que les Etats-Unis se sont engagés à libérer progressivement 172 millions de barils.

Mi-mai, l’agence internationale de l’énergie (AIE) avait déjà sonné l’alarme face à une fonte « record » des réserves pétrolières à mesure que la guerre au Moyen-Orient s’enlise.