Info mazout du 11 septembre 2026

Le baril de Brent, référence internationale du pétrole, a clôturé jeudi 10 septembre à 107,63 dollars, en hausse de 6,34 % sur une séance et de plus de 20 % depuis la reprise des hostilités le 30 août. Le WTI américain a terminé à 102,48 dollars, après une progression de 6,69 %.

Les cours n’avaient plus atteint ces niveaux depuis mai, avant l’accalmie observée au Moyen-Orient puis la signature, en juin, d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis destiné à mettre fin au conflit. Ces anticipations de désescalade ont été remises en cause par la reprise des frappes entre Washington et Téhéran.

Jeudi, les Gardiens de la Révolution, force armée majeure de l’Iran, ont affirmé avoir visé un drone marin américain dans le détroit d’Ormuz. La veille, Téhéran avait ciblé une vingtaine de navires, en réaction à des frappes américaines.

Le ministre américain de l’Énergie a estimé mercredi 9 septembre que les flux sortants d’Ormuz restaient proches de 11 millions de barils par jour, malgré la reprise des frappes. Cette évaluation est contestée par Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, qui affirme que le débit est tombé ces derniers jours « à moins de 2 mb/j, plutôt autour d’1,5 mb/j », après environ 8 mb/j lors de la dernière semaine d’août.

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, les volumes de brut et de liquides pétroliers transitant par Ormuz avaient déjà chuté à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025, avant le déclenchement du conflit. L’Agence internationale de l’énergie a indiqué en août que les tensions sur Ormuz et les prix élevés des carburants pesaient sur sa prévision de demande pétrolière mondiale pour 2026.

Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management, estime que le marché réévalue simultanément « l’escalade immédiate » et « la durée du risque géopolitique ». Selon lui, le système régional d’approvisionnement n’est pas encore entièrement paralysé, mais les barils disponibles intègrent désormais une prime de risque accrue.

Les tensions se déplacent aussi vers la mer Rouge, après l’annonce jeudi de la prise de contrôle de Mokha par les Houthis pro-iraniens, dans leur avancée vers le détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage maritime entre l’Asie et l’Europe gagne en importance depuis les perturbations à Ormuz, alors que les Houthis perturbent déjà la navigation régionale et ont annoncé en juillet un blocus maritime contre l’Arabie saoudite.

Aux États-Unis, le diesel a atteint jeudi une moyenne d’environ 5,98 dollars le gallon, soit 3,78 litres, selon l’Association automobile américaine. L’EIA a prévenu que les stocks de diesel restaient « à un niveau bas » et que les prix pourraient demeurer « à un niveau élevé » dans les prochains mois.

La pression sur les carburants intervient dans une économie déjà confrontée à de fortes tensions inflationnistes. Aux États-Unis, le sujet pèse sur le débat politique à l’approche des élections législatives de mi-mandat de novembre, où le pouvoir d’achat occupe une place centrale.

Le président américain Donald Trump a accusé mercredi Téhéran de chercher « désespérément de peser sur l’élection ». Il a aussi affirmé que la guerre s’arrêterait « immédiatement après » le scrutin, au motif que les Iraniens « ne peuvent pas tenir plus longtemps ».