Notre analyse
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Info mazout du 12 août 2026
Les prix du pétrole ont terminé en hausse mardi, poussés par la perspective d’un blocage durable du détroit d’Ormuz, alors que Washington et Téhéran formulent des exigences incompatibles pour mettre fin au conflit.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a progressé de 1,36% à 88,91 dollars, après avoir dépassé la barre des 90 dollars plus tôt dans la séance. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a avancé de 1,30% à 83,20 dollars.
« L’espoir de voir le détroit d’Ormuz rouvrir prochainement s’amenuise, les Etats-Unis ayant durci leur position en imposant à l’Iran des conditions de négociation qui font obstacle à tout accord », résume Elias Haddad, analyste de Brown Brothers Harriman.
Donald Trump a déclaré lundi que les Etats-Unis allaient réclamer des « compensations » pour des attaques menées par l’Iran depuis des décennies contre des adversaires à l’étranger ou contre des manifestants sur son sol.
Cette demande est une réponse à l’exigence des autorités iraniennes qui conditionnent tout accord sur le détroit d’Ormuz au versement de réparations américaines.
Téhéran juge aussi les Etats-Unis doivent « mettre fin définitivement à la guerre et à l’agression » contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, ou encore lever leur blocus des ports iraniens.
« Dans l’état actuel des choses, on a l’impression que les deux parties ont encore du chemin à parcourir pour rétablir la situation dans le détroit d’Ormuz à supposer que cela soit même possible », estime David Morrison, de Trade Nation.
Près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux transite en temps normal par ce goulet d’étranglement stratégique.
Le pétrole a toutefois montré des signes d’hésitation en séance alors que le ministre pakistanais de la Défense a déclaré aux journalistes que les Etats-Unis et l’Iran étaient proches d’un certain arrangement, commente Neil Wilson, de Saxo UK.
« Le schéma se répète sans cesse : un enthousiasme initial lorsque les négociations semblent prometteuses, puis cet optimisme s’évapore tout aussi rapidement », quand aucun progrès n’est constaté, affirment les analystes d’ING.
Autre élément à même de crisper les opérateurs : un navire a été ciblé près du détroit de Bab el-Mandeb mardi au large des côtes sud du Yémen, dans de nouvelles frappes attribuées aux Houthis pro-iraniens.
Les rebelles multiplient les attaques dans cette stratégique voie maritime depuis qu’ils ont annoncé le mois dernier un blocus de la flotte saoudienne en mer Rouge, en pleine reprise des hostilités entre les deux camps.