Info mazout du 7 janvier 2026

Les cours du pétrole ont reculé mardi, à l’issue d’une séance en dents de scie, les opérateurs s’interrogeant sur la possibilité d’exploiter les immenses réserves de brut du Venezuela, après la capture du président déchu Nicolas Maduro.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a perdu 1,72% à 60,70 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, pour livraison en février, a cédé 2,04% à 57,13 dollars.

Le marché pétrolier continue de scruter la situation au Venezuela, mais « à ce stade, il n’y a que des questions sans réponses immédiates », affirme Tamas Varga, analyste chez PVM.

Delcy Rodriguez a officiellement entamé mardi, sous pression, son mandat de présidente par intérim du Venezuela après la capture par Washington de Nicolas Maduro.

« Le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303 milliards de barils, ce qui représente environ 17 à 18% des ressources mondiales de brut », relève Jeffrey Roach, LPL Financial.

Cette assise « devrait idéalement positionner le Venezuela comme une puissance énergétique de premier plan », estime l’analyste.

Mais « des décennies de sous-investissement, de vieillissement des infrastructures et d’instabilité politique ont maintenu une grande partie de ce pétrole sous terre, empêchant le pays de tirer pleinement parti de ce précieux or noir », ajoute-t-il.

Les investissements requis sont énormes selon les experts, et la composition du pétrole sur place fait qu’il est moins facile à raffiner et moins précieux que celui d’Arabie saoudite par exemple.

Selon Rystad Energy, « seuls 300.000 barils par jour pourront être ajoutés » à la production actuelle – de l’ordre d’un million – du Venezuela « au cours des deux à trois prochaines années avec des dépenses modérées ».

Tout en affirmant ne pas vouloir s’impliquer dans les affaires politiques d’autres pays, comme les États-Unis l’ont fait en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières de Caracas.

Barbara Lambrecht, de Commerzbank, anticipe « une légère augmentation de la production vénézuélienne dans les mois à venir si Trump lève le blocus sur les exportations de pétrole et assouplit les sanctions ».

La marché « étant déjà bien approvisionné, un supplément de pétrole provenant du Venezuela exercerait une pression supplémentaire sur les prix », prévient l’analyste.